Du saut du Sens au saut du Savoir

17 juillet 2017
nathalie perroquin

Produrable2Le printemps rentre tout juste par ma fenêtre avec ses rayons dorés se frayant un chemin jusqu’au bouquet de prunus en fleur ramassé ce weekend. Ce matin je me dirige non pas vers mon bureau mais au palais des congrès ou se déroule pour sa 10eme édition le salon produrable…
10 ans déjà ! Dire que j’étais déjà à la première édition… mais que de changement depuis ! A l’époque j’étais loin de me douter que j’en ferai mon métier, loin d’être rassurée sur ma capacité à appréhender la complexité des enjeux et très loin d’imaginer le pouvoir de l’inventivité collective pour y apporter des solutions concrètes. Portée par l’intuition et le constat d’un monde à bout de souffle, je m’interrogeais sur les méthodes pour mener une transition de nos modèles économiques en partant de l’intérieur, des entreprises elles-mêmes.
A présent, force est de constater que nous avons tant de solutions à notre arsenal que l’heure n’est plus au constat, ni au doute mais bien à l’action et à l’accélération. Pour nombre d’entreprises présentes sur le salon et bien sûr le réseau d’acteurs et d’experts de grande qualité, l’intégration des enjeux RSE dans la stratégie de gouvernance et de développement de leur société est un facteur indispensable au succès et à la pérennité de leur organisation.
Le changement est plus que jamais en marche. Il n’y a qu’à voir les salles pleines à craquer, les couloirs débordants de tous côtés. Mais surtout les invités prestigieux de cette édition pour se rendre compte de la lame de fond qui s’opère. Loin de moi l’idée de faire un compte-rendu du salon… ceux intéressés y ont probablement assisté :-) cependant je ne peux éviter de souligner quelques moments forts en toute subjectivité.

J’ai été ravie d’entendre des grands groupes de luxe dire que nous n’avons pas le choix, que cette exigence éthique et le contexte planétaire imposent à devenir plus Eco-efficient et que pour cela le développement durable doit être positionné au cœur de la stratégie du groupe et influencer la transition en créant la désirabilité.

J’ai été heureuse qu’une grande place soit donnée à la biodiversité. Les industriels semblent avoir compris leur lien intime et indispensable avec la biodiversité et le rôle que sa préservation joue dans la lutte contre le changement climatique mais aussi sur le bien-être, la motivation et la productivité des équipes.

J’ai été passionnée par les exemples de Co-création et d’intrapreneuriat social qui ouvrent la porte à une innovation disruptive. L’innovation dans toute sa diversité a été soulignée à maintes reprises incitant les fertilisations croisées: process, matière première, business modèles… Co-construction des méthodes, des outils et partage du savoir. Et oui dans le DD même les concurrents travaillent et collaborent ensemble, n’est-ce pas là un vrai changement de paradigme ? Le partage des connaissances multiplie, alors que celui des ressources divise comme l’a si bien rappelé Nicolas Hulot.

Alors pourquoi y a-t-il encore trop de lenteurs ? On peut regretter la prépondérance de certains groupes dans les tables rondes comme s’il y avait encore une frivolité à prendre la parole sur le sujet pour bon nombre d’acteurs économiques … j’aurais aimé plus de diversité dans les panels… alors pourquoi ?

Le problème ne vient certainement pas des solutions, ni du travail acharné des directeurs DD ni de l’appétence des citoyens mais bien d’une certaine conception du leadership, d’un difficile décloisonnement des responsabilités pour mettre les solutions, par essence systémiques, en application et d’une délicate professionnalisation des fonctions dans l’entreprise. Et ça tombe bien, Patrick d’Humières lance une académie de la transition durable à l’international pour valoriser l’ambition systémique de la RSE à la française.

Pour aider cette transition, nous devons montrer comment le management de la RSE transforme les pratiques managériales pour les rendre plus responsables. Et ça tombe encore super bien… c’est la raison d’être du MR21 !

Alors après le saut de sens, vive le saut du savoir !

Nathalie Perroquin