Planet Benefit Company : 21 fondamentaux pour engager les entreprises vers la durabilité

17 janvier 2022

L’année 2021 a été l’année du questionnement après une crise sans précédent mais également une année d’espoir car la reprise économique a su faire sa place sans que l’on puisse même penser que cela pouvait être envisageable après la pandémie. Et pourtant, indépendamment des vagues qui ne seront sûrement pas évitables, la reprise en tant que telle, quand bien même accompagnée d’une prise de conscience grandissante du besoin de faire différemment, n’est pas suffisante : les entreprises multiplient les annonces vers plus de durabilité, une trajectoire net zéro mais le cap n’est pas toujours réfléchi, documenté, structuré ou encore validé par des références scientifiques reconnues (1).

Il est dès lors plus que jamais nécessaire que le droit européen, s’appuyant sur l’engagement historique d’une Europe portant un capitalisme humain et plus engagé, contribue à sa manière à un modèle d’entreprise responsable non contraignant mais encourageant les entreprises à structurer et inscrire leur démarche de durabilité sur les sujets incontournables de (i) la chaîne de valeur (ii) l’engagement des parties prenantes (iii) la redevabilité et l’éthique (iv) la gouvernance. Il s’agit du cœur même de notre proposition de modèle d’entreprise durable européen que notre communauté a détaillé dans son rapport “Un nécessaire modèle d’entreprise durable européenne” publié en septembre 2021.

Ce socle commun sera nécessairement objectif – car issu du droit ou d’un label d’Etat-, reposant pour la plupart sur des pratiques souvent disparates mais en partie intégrée dans les best practices des entreprises les plus responsables, et permettant ainsi de contourner les biais de la multitude des labels et agences de notation souvent financés par des acteurs privés qui réalisent des évaluations sur la base de critères et ratios différents, pas toujours transparents , et rendant quasiment impossible une comparaison objective et précise (2). Le principe d’une entreprise à mission européenne est largement soutenu par la Communauté des Entreprises à Mission comme l’illustre l’objet de son dernier congrès annuel tenu le 1er décembre dernier (3). La question de la forme : statut optionnel, qualité ou encore label,  reste à définir mais la nécessité d’ancrer un modèle de gouvernance durable est régulièrement évoquée et a été reprise par la résolution du Parlement Européen du 17 décembre 2020. Il s’agit donc d’un sujet montant, stratégique sur lequel l’Europe cherche à se positionner pour développer un modèle différenciant et compétitif. La France suit clairement cette voie en s’engageant, à travers son programme de présidence de l’Union Européenne (4) à faire la promotion d’un “capitalisme responsable”.

Il est évident que ce projet est ambitieux et qu’une des conditions de succès de sa réussite est son “opérationnalité”. Il doit être compatible avec la vie de l’entreprise et de ses collaborateurs. Il risque de lever quelques réticences à l’instar du projet de devoir de vigilance européen qui ne cesse d’être reporté. Et pourtant, le projet doit être diffusé, amplifié et débattu afin de le rendre réaliste et accessible. Il ne faut rien lâcher: “Notre plus grande faiblesse, c’est d’abandonner. Le plus sûr moyen de réussir, c’est toujours d’essayer, juste encore une fois”. Cette citation de Thomas Edison nous encourage à maintenir le cap dans un contexte toujours incertain mais où les nations, les entreprises et les citoyens commencent à appréhender les risques associés à un monde figé confronté aux limites planétaires de Kate Raworth.

Cette initiative n’aurait jamais pu naître sans les personnes engagées ayant apporté leur éclairage précieux et que nous remercions encore une fois :

  • Jacques Attali. Économiste, écrivain et président de la Fondation Positive Planet.
  • Mathieu Auzanneau. Directeur du Shift Project.
  • Caroline Avan. Chargée de plaidoyer/industries extractives, justice fiscale et inégalités, Oxfam.
  • Bertrand Badré. Ancien directeur de la Banque Mondiale, PDG et fondateur de « Blue like an Orange ».
  • Viviane de Beaufort. Professeur, chercheur ESSEC, spécialiste des sujets de gouvernance et du droit européen.
  • Jean de Wailly. Co-fondateur PTCE Vivre les Mureaux.
  • Michel Defabiani. Président de la Chambre de commerce et d’industrie Francobritannique.
  • Olivier Delbard. Professeur à l’ESCP Europe.
  • Geneviève Ferone Creuzet. Co-fondatrice du cabinet Prophil , administratrice de la Communauté des Entreprises à Mission, Vice-présidente du Shift Project.
  • Claude Fromageot. Directeur Développement durable du groupe Rocher et Chairman du Global Partnership Business & Biodiversity, Convention des Nations Unies pour la diversité Biologique.
  • Hervé Guez. Directeur investissement responsable, Mirova.
  • Benoit Halgand. Étudiant, membre du collectif « Pour un Réveil Écologique ».
  • Charles-Benoit Heidsieck. Président-fondateur du RAMEAU.
  • Jean-Pierre Maugendre. Directeur adjoint Développement Durable, Suez.
  • Nicolas Mottis. Professeur à Polytechnique.
  • Philippe Mutricy. Directeur de l’Evaluation des Etudes et de la Prospective, BPI France.
  • Blanche Segrestin. Professeur et directrice du Centre de Gestion Scientifique Mines ParisTech.
  • Hélène Valade. Directrice développement durable environnement du groupe LVMH, présidente de l’ORSE.
  • Bertrand Valiorgue. Professeur en stratégie et gouvernance des entreprises à l’IAE Clermont-Auvergne.

Nous avons cependant encore besoin de soutiens et relais. Nous vous invitons donc à nous contacter pour vous associer à notre action et apporter plus d’ampleur et de visibilité à ce modèle d’entreprise à mission européenne.


(1) cas de l’agro business: https://www.iatp.org/emissions-impossible-europe
(2) https://www.bloomberg.com/graphics/2021-what-is-esg-investing-msci-ratings-focus-on-corporate-bottom-line/
(3) https://www.aefinfo.fr/depeche/663423
(4) https://presidence-francaise.consilium.europa.eu/media/zeqny1y5/fr_programme-pfue.pdf

avatar